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Délivrabilité

Pourquoi mes emails arrivent-ils en spam ?

Par ancien formateur en email marketing

Une enveloppe renvoyée par un bouclier

On cherche presque toujours la cause du mauvais côté. Le classement en indésirable tient rarement aux mots employés dans l’email, et presque toujours à qui vous êtes aux yeux du fournisseur de messagerie.

Ce qui pèse le plus : la réputation de l’expéditeur

Gmail, Outlook et les autres tiennent un score sur chaque domaine et chaque adresse IP qui leur envoie du courrier. Ce score se construit sur des mois.

Il monte quand les destinataires ouvrent, cliquent, répondent, sortent vos messages des indésirables, vous ajoutent à leurs contacts.

Il descend quand ils suppriment sans lire, cliquent sur « spam », ou quand vous écrivez à des adresses qui n’existent pas.

Un seuil compte : au-delà de 0,3 % de plaintes, Google considère que quelque chose ne va pas. Trois personnes sur mille suffisent.

L’authentification : la condition d’entrée

Depuis 2024, Gmail et Yahoo exigent des expéditeurs de volume qu’ils authentifient leurs messages. Sans cela, le courrier est rejeté ou classé, quel qu’en soit le contenu.

Trois enregistrements à poser dans la zone DNS de votre domaine :

SPF liste les serveurs autorisés à envoyer en votre nom.

DKIM signe chaque message cryptographiquement, ce qui prouve qu’il vient bien de vous et n’a pas été modifié.

DMARC indique aux fournisseurs quoi faire quand l’un des deux échoue, et vous fait remonter des rapports.

Votre plateforme d’envoi fournit les valeurs exactes à copier. C’est une heure de travail, une fois, et c’est la première chose à vérifier quand les emails partent en indésirable.

L’engagement de votre liste

Une liste où personne n’ouvre envoie un signal clair : ces gens ne veulent pas de ce courrier.

C’est pour cette raison qu’une base achetée détruit la délivrabilité. Ce n’est pas seulement illégal, c’est techniquement suicidaire : taux d’ouverture au plancher, plaintes nombreuses, et souvent des pièges à spam dans le lot.

Même une liste obtenue proprement se dégrade si on n’en retire jamais les inactifs.

Le contenu, en dernier

Les mots ne déclenchent pas de filtre à eux seuls. « Gratuit » dans un email attendu par ses destinataires ne pose aucun problème ; le même mot venant d’un expéditeur à mauvaise réputation aggrave un dossier déjà mauvais.

Quelques éléments jouent tout de même :

Un email fait d’une seule grande image sans texte, qui est la signature du courrier indésirable.

Des liens vers des domaines à mauvaise réputation, y compris des raccourcisseurs d’URL grand public.

L’absence de lien de désinscription, qui est de toute façon obligatoire.

Un déséquilibre marqué entre beaucoup d’images et très peu de texte.

Ce qui n’y est pour rien

Les points d’exclamation. Les majuscules dans l’objet. La couleur rouge. Le mot « promotion ». Ces croyances circulent depuis vingt ans et ne correspondent plus à rien : les filtres actuels s’appuient sur la réputation et le comportement, pas sur des listes de mots interdits.

Le dossier « Promotions » de Gmail n’est pas le dossier indésirable. Un email commercial qui s’y range est correctement distribué. Chercher à l’éviter n’a guère de sens, et les destinataires qui achètent y vont.

Diagnostiquer

Envoyez-vous une campagne de test sur une adresse Gmail, une Outlook et une Orange ou Free. Le comportement diffère beaucoup d’un fournisseur à l’autre, et cela vous dit si le problème est général ou ciblé.

Vérifiez votre authentification avec un outil de test en ligne, qui vous dira si SPF, DKIM et DMARC passent.

Inscrivez-vous à Google Postmaster Tools : c’est gratuit et c’est la seule fenêtre sur ce que Gmail pense de votre domaine, avec la réputation et le taux de plaintes réel.

Vérifiez que votre domaine ou votre IP ne figure pas sur une liste noire publique.

Sortir de la boîte à spam

Arrêtez d’envoyer à toute la liste. Réduisez aux contacts qui ont ouvert ou cliqué dans les trois derniers mois. Ces envois-là seront bien reçus et feront remonter le score.

Corrigez l’authentification si elle est incomplète.

Nettoyez : rebonds définitifs, plaintes, inactifs de longue date.

Puis élargissez progressivement, sur plusieurs semaines. Une réputation se reconstruit en un à trois mois, jamais en trois jours.

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